Le blog de Christophe P.

Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 09:25
Que de regrets depuis ce soir d’avril 2002 où, momifié par les résultats, je fus abasourdi par les propos d’un vieux copain de régiment (appelons le Albert) qui exprima son vote pour le futur perdant du 2ème tour : il n’était pas fier de son choix car il ne souhaitait pas ce score pour « son » candidat, mais il était serein et sûr de son analyse : il hurlait son dégoût pour les puissants, sa colère pour sa situation sociale, sa rage pour la stagnation de ses revenus, pour l’impossibilité de progresser dans la petite entreprise qui l’emploie, pour l’écart grandissant entre ceux qui possèdent et ceux qui n’auront jamais. Il se sentait moins seul et moins humilié.
Je recevais sa frustration dans la figure, psychologiquement comme un fruit trop mur et physiquement comme un ballon trop dur.  Elle ne m’a pas quittée.
Le 2ème tour de mai 2002, le référendum européen et les élections régionales m’ont alerté pour me dire que tout est possible : le pire et le meilleur.
Alors, comment faire campagne pour notre projet et notre candidate socialistes ? Vous me répondrez : social, économie, formation professionnelle, égalité, justice, démocratie, éducation…Vous ajouterez : réponses concrètes, faire ce que l’on dit et dire ce que… Puis vous fustigerez le bilan et le programme des candidats de la droite, avec raison et arguments.
Mais qu’en pense Albert ? Comment a-t-il vécu ces 5 dernières années ? Qu’espère-t-il aujourd’hui ?
Laissez-moi le temps d’aller en parler avec lui. Je vous raconterai la prochaine fois.
Enfin 2007 ! Je vais pouvoir de nouveau parler politique avec Albert !
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Christophe P.
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 09:36
Je savoure le contexte inattendu d’une candidate présidentielle au PS. A ce sujet, voir la correction indispensable de Alain Duhamel dans son livre de 2006 consacré aux prétendants à l’Elysée : il avait oublié Ségolène Royal !
Une femme qui dirige, ce n’est pas le goût de tout le monde ! Et comme le goût et les couleurs, (et les odeurs…), cela ne se discute pas, parlons en.
Un petit échantillonnage de femmes de caractère que j’ai connues.
Une quarantaine d’année en arrière, une institutrice nommée Liliane P. reniflait les fesses de ses élèves de CP lorsqu’une mauvaise odeur envahissait la classe. Gare à celui qui se faisait prendre ! Punition, colère, honte, humiliation, exclusion : je ne l’ai pas oubliée.
Au collège, la directrice s’habillait de noir. Elle avait le regard impénétrable d’un curé en soutane (il n’existe qu’un seul Abbé Pierre), le corps droit comme une entrée de château, le mot rare mais tranchant, sans appel. L’idée d’un face à face avec elle nous effrayait tous. Sauf les plus mûrs d’entre nous que cette situation excitait, à cette période adolescente.
Au lycée, les années 70, c’est la rencontre avec les femmes libres. Les copines, celles qui militent aux jeunesses communistes avec tact et détermination ; celles qui militent au MLF (mouvement pour la libération des femmes) avec moins de tact et autant de détermination ; celles qui veulent tout partager avec les garçons : le sport, les fêtes, les responsabilités, l’amour. Et puis les adultes, la célibataire âgée qui délivre des cours d’histoire débridés et enflammés d’où l’on ressort exténué et émerveillé, la plus jolie qui a une aventure avec un élève et que l’on envie, la moins jolie qui a aussi une aventure avec un élève et nous attire vers son enseignement qu’est la philosophie, celle qui ose conduire le bus scolaire et à qui on ne reproche pas son sérieux.
Et ensuite, dans le monde du travail, Brigitte D., contrôleur de gestion, aussi désagréable que compétente et qui nous a si bien formés (Brigitte, si tu m’entends…), une autre Brigitte à qui son sourire n’enlevait pas son autorité naturelle (la part des choses…), Delphine qui était toujours en avance sur tous ses collègues (respect…), Patricia toujours en action et en mouvement, jamais fatiguée…
Et dans la vie associative, toutes les anonymes qui sont toujours là pour construire, discuter, écouter, rigoler, décider, distribuer…
A tous ceux qui consciemment ou inconsciemment refusent une candidature féminine, je voudrais dire à quel point les femmes sont comme nous, à quel point notre pays a besoin de notre soutien pour que « ça change fort », à quel point nous devons refuser des inquiétudes d’une période enfantine ou d’une époque révolue.
J’aurais pu prendre exemple sur des femmes célèbres dans la politique, la littérature, l’entreprise, la résistance, je préfère penser à Delphine ou Brigitte.
Ségolène Royal a besoin pour gagner de la volonté de modernisation du pays. Ne nous occupons pas de son genre féminin, c’est un acquis. Gardons notre énergie pour faire campagne et pour convaincre.
N’ayons plus peur des femmes, nous sommes des électeurs et des citoyens adultes, « une femme est un homme comme les autres. »
En lisant l’anthropologue Françoise Héritier, j’ai confiance dans la capacité des Français à surpasser le discours de la domination masculine. Elle propose trois conditions pour accepter la candidature féminine :
1. « la candidature doit être concevable dans le ciel des idées » : c’est acquis.
2. « la candidature doit être intellectuellement pensable, c’est-à-dire qu’elle vienne à l’esprit de quelques-uns » : c’est acquis.
3. « la candidature doit devenir émotionnellement concevable, c’est-à-dire que la majorité s’y accoutume » : c’est acquis depuis peu,  depuis son élection à la candidature par le PS. L’idée fait, depuis cette date, son chemin dans l’opinion. Aidons la à devenir une évidence.
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Christophe P.
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Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /2007 14:02
Une cinquantaine de personnes s’étaient déplacées à  Créon le mardi 6 février pour un débat sur le thème : « Quels leviers pour la jeunesse ? ».
L’assistance se composait de militants socialistes, jeunes et moins jeunes et de citoyens non adhérents. Une majorité d’enseignants dans la salle, mais aussi des parents, des grands-parents, et de jeunes adultes.
De la violence quotidienne de l’environnement (par exemple les toilettes insalubres) à celle de l’échec scolaire, le débat a proposé des axes de réflexion vers l’épanouissement de l’élève (être heureux d’apprendre à l’école), la qualité de l’accueil scolaire et périscolaire (les rythmes scolaires et les structures d’appui culturel).
Le verbe « Décloisonner » a tenu les discours : décloisonner les filières, décloisonner le système éducatif et le monde du travail, décloisonner les relations enfants enseignants, ouvrir l’école au monde, encourager la valorisation des acquis de l’expérience.
Des sujets, pour lesquels le constat fait l’unanimité mais les solutions doivent être débattues pour trouver un élan consensuel : la carte scolaire, l’adaptation à l’emploi, la formation continue, l’autonomie des étudiants, la revalorisation des métiers manuels, l’emploi des jeunes.
Un tour d’horizon rapide et partiel de la question dans une ambiance détendue et conviviale; tout le monde a pu s’exprimer jusqu’à une heure raisonnable. Certes, on pourra rester sur sa faim car l’un aurait aimé insister sur la responsabilité des parents, l’autre sur les efforts partagés à valoriser, et quelques esprits infatigables auraient aimé continuer jusque tard dans la nuit.
Depuis cette réunion, il y a eu le discours de Villepinte avec son passage clair et fort sur les jeunes et, parmi les 100 propositions, un engagement exigeant sur l’éducation, sur la formation, sur l’emploi, sur la république.
La transition est faite, nous avons franchi une étape, nous pouvons maintenant annoncer dans les débats les objectifs à atteindre après l’élection. Ils ne prendront forme que si nous arrivons à les partager avec une majorité de français. Partager me semble un mot socialiste. J’ai confiance pour que nous sachions le faire dans les 2 mois qui restent.
Christophe Perrin
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Christophe P.
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Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /2007 18:43
Tout est affaire de positionnement, de posture. Salé ou sucré. Petit ou grand. Devant, derrière. En haut, en bas. A gauche, à droite. Au secours l’orthophoniste. Où suis-je ? « Tu me fais tourner la tête… ». « Quelque chose en toi ne tourne pas rond… ».
Le premier tour de l’élection présidentielle est dans moins de deux mois. C’est un scrutin uninominal à deux tours.
Cela veut dire que l’on vote pour une seule personne. Il faut bien la choisir. Car il va falloir la supporter pendant quelques années. Pendant la durée du mandat, mais les conséquences de ses actes pendant encore plus longtemps.
Cela veut dire aussi qu’il y a deux tours. Pas moins, pas plus. Il faut viser juste. Bien évaluer la cible, bien jauger la distance, ni trop près, ni trop loin,  doser son effort.
Ne pas mélanger les choux et les carottes apprend-on à l’école, ne pas mélanger le premier et le deuxième tour apprend-on dans la vie civile.
La dernière élection démocratique française, celle du PS qui a choisi son candidat(e), nous sert de référence. Elle nous a montré, qu’en dehors de Ségolène Royal,  à l’intérieur du PS, un courant social démocrate coule vers le centre, et un courant du « je rêvais d’un autre monde » coule vers la gauche alter-mondialiste.
Où que l’on soit, doit-on s’arc bouter sur son camp, ou tendre sa main pour un rassemblement qui affirme les différences et sublime les égoïsmes. Ce premier geste vers l’autre, faisons le à l’intérieur du parti. Il nous servira ensuite d’exemple,  au soir du premier tour, pour convaincre au-delà de nos convictions premières.

Et dans ce deuxième tour,  plus personne ne niera qu’il y a une droite et une gauche. Ni ce coucou tombé du  nid du néant qui prétend se placer au-dessus des autres alors qu’il n’est au centre que de lui-même ? Ni ces citoyens abusés un temps par un discours séduisant parce que trompeur. Les consignes de report des voix obligeront les candidats recalés à  se prononcer. Les paroles pourront se libérer. Les militants devront aider au rassemblement des français derrière leur candidate. Les électeurs sauront choisir. Et pour ceux, qui ne savent pas ou se situer, il  leur reste à utiliser le moyen le plus moderne de positionnement, le GPS : le Grand Parti Socialiste.
Christophe Perrin
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Christophe P.
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /2007 11:48
Je guette tous les jours une info sur la campagne électorale.
J’ai envie d’écouter, j’ai envie d’en parler.
J’ai envie de laisser aller la parole après ces années d’attente.
Je voudrais arrêter les gens dans la rue, asseyons-nous, prenons le temps de vivre, discutons de cette élection présidentielle, qu’en pensez-vous, que cherchez-vous, qu’attendez-vous, ah je n’y avais pas pensé, mais savez-vous que…
Je me sens citoyen, je me sens militant, tout cela sent bon l’espoir.
Je me laisse emporter par cette euphorie, j’aborde le sujet discrètement mais sûrement, au déjeuner avec les collègues, entre deux morceaux à la soirée musicale, pendant le déménagement d’un copain avec le canapé dans les bras, dans les vestiaires du club de sport.
La campagne cette année s’invite partout.
La politique n’est plus tabou, n’est plus désuète, n’est plus cachée, n’est pas dans le fossé mais dans les idées ; elle sent bon le frais.
Merci à Ségolène Royal dont l’attitude apaise les tensions et inspire le dialogue, dont le discours et la pacte présidentiel attirent la conciliation.
Cette année, on peut même discuter politique en famille sans se fâcher. Enfin, presque…
Christophe Perrin
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Christophe P.
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