Mardi 2 janvier 2007
Voilà une des réflexions que m'a faite un camarade de section après la désignation de Ségolène Royal comme candidate du parti socialiste.
Ce qui montre qu'il reste bien du chemin à faire pour rendre lisible notre "entreprise"?par la preuve comme dit notre candidate? Ce qui n'est pas forcément encore gagné.
Il ne faut surtout pas marcher dans les pas de ces collectifs unitaires qui sont nés de la victoire du non au référendum, qui ont soulevé beaucoup d'espoirs, qui ont tenté de rassembler la gauche antilibérale, qui ont cherché à se trouver un(e) candidat(e) et qui finalement n'ont pas réussi à accoucher d'une candidature légitimée.
La désignation de Ségolène Royal s'est fait dans le cadre d'un grand parti (trop à gauche ou pas assez à gauche, c'est selon) mais avec le soutien de personnes faisant partie du parti, mais pas seulement? Et quand bien même?
C'est là, la première originalité. Désirs d'avenirs n'est ni un courant, ni un trans-courant (pour parler le langage chébran du militant PS aguerri) du parti socialiste?. C'est un "truc" qu'on n'arrive pas toujours à définir mais qui attire des personnes aux aspirations très différentes et qui fait souffler dans et hors du parti socialiste un vent très particulier?
Si particulier qu'il ne peut se définir de la même manière selon les endroits où il souffle, un peu comme le vent d'Autan ou le Mistral.
Mais au-delà de ses particularités liées aux contextes politiques locaux, on peut définir des caractéristiques communes à ces souffles (nouveaux?).
Je me servirai de deux articles parus récemment dans le Monde et cités dans http://desirsdavenir33.over-blog.com/ pour illustrer mon point de vue, orienté.
"?Au fond, peu importe que nos propositions servent ou pas. Ce qui compte, c'est que cela crée une dynamique très forte." Cet homme qui n'avait jamais adhéré à un parti réfléchit à haute voix : "Qui, à un quelconque moment, m'a donné l'occasion de parler ? De dire librement ce que je pense ? On me laisse la parole, on me demande même de la prendre. C'est peut-être une utopie, mais les utopies sont belles..."
Cela parait bien surprenant de lire ces propos rapportés. Mais n'est ce pas là un drôle de constat que d'entendre dire qu'on a d'abord besoin d'être écouté, besoin d'être encouragés, incités à prendre la parole librement ; et on le fait différemment en partant et en parlant de son propre vécu, même si on sait bien que ça peut ne pas servir à grand chose d'autre que d'abord de créer du lien, de la confiance et de l'engagement.
""Ségolène a tout bousculé. Elle a lancé des débats sur ce qui se disait dans les couloirs du parti et pas dans les réunions."
D'abord, on s'assied en rond dans la grande salle, et non face à une estrade où sont installés les élus. Nadia Brya, présidente du réseau dans le département, explique : "On fait très attention à ce genre de choses, afin que chacun se sente à égalité avec les autres."
Il suffit en effet de regarder la première affiche de Ségolène Royal pour comprendre comment une chose aussi insignifiante que de supprimer l'estrade change le cours des choses, la méthode, la relation entre l'élu et celui qui l'a élu.
Ségolène Royal sur cette affiche est au milieu des gens, exactement comme elle l'a fait lors de ces réunions rencontres dans les départements?
Exactement comme elle l'avait fait un soir de banquet républicain en Gironde en 2004 où arrivée en retard vers 22h, elle avait pris le temps de saluer la table centrale des élus, puis de se faire un sandwich improvisé pour prendre ensuite le temps de passer deux heures à passer de table en table pour parler, et écouter chacun de ceux qui voulaient bien lui répondre ou lui dire quelque chose.
"Pour que ça change fort!" ? Et si ça passait d'abord par un changement des méthodes et des mentalités?
"..Il faut envoyer à "notre candidate ces réflexions, ces idées, ces propositions venues d'en bas", explique Mylène, trente ans de parti Quand on lui demande en quoi ces assemblées diffèrent de celles du PS, alors qu'elles sont composées à peu près des mêmes gens, elle répond : "Ici il n'y a pas de hiérarchie, on a juste une équipe d'animation sans pouvoir. Rien ne vient d'en haut, sinon des demandes. Quand on est en section, on écoute le secrétaire, l'élu. Ici on s'écoute les uns les autres. C'est toute la différence."
Tout est dit dans ces témoignages. Il ne s'agit pas de compétences ou de remises en cause du travail des divers élus (issus du parti et/ou des urnes), il s'agit juste de perdre du temps (pour en gagner par la suite) à écouter, vraiment, ce que les gens ont à dire ; même si dans un second temps ces gens, on peut leur expliquer que les écouter, ce n'est pas répondre forcément à toutes leurs demandes ou reprendre toutes leurs propositions ou être capable de répondre à toutes leurs interrogations? Mais si déjà, on les écoutait?.
Et le PS dans tout ça?
Il va se bonifier si les anciens acceptent d'entendre (encore une fois) ce que les nouveaux (ex anciens pour 10% d'entre eux) ont à dire? Et surtout si les nouveaux ne s'enfuient pas, les élections passées, pour échapper à "des routines et des lourdeurs de la vie partisane" .
C'est pour cela qu'à mon avis, Désirs d'Avenir a tout intérêt à continuer à exister pour donner du souffle à ceux qui manqueraient parfois d'air et leur permettre de tenir bon dans ce grand parti si raillé mais si envié?
Et enfin n'oublions pas tous ceux qui n'ont pas envie d'être adhérents d'un parti mais qui sont adhérents de Désirs d'Avenir?
Non vraiment, le pire qui pourrait arriver au PS dans lequel je milite, c'est que Désirs d'Avenir périclite, et inversement.
"Tout a été dit, mais à partir du moment où personne n'écoute, il faut toujours recommencer" Montaigne
Christophe Bedou,
militant de la section du parti socialiste de Léognan,
animateur du comité Désirs d'Avenir de Léognan.



