Cette note d'Éric ne me laisse pas indifférent. D'abord parce que ce qu'écrit Éric m'intéresse toujours. Ensuite parce que j'y retrouve le recoupement de ce que, ici ou là, j'ai couché sur mon blog. Et encore samedi 26 mai sous le titre "P..... ! On n'est pas passés loin..."
Ce que Ségolène Royal a appelé une "non victoire", bien que les apparences donnent l'impression d'une "large victoire" du candidat sortant, n'est pas un artifice sémantique. Non seulement, si l'on excepte la réélection de François Mitterrand en 1988 (mais sans majorité absolue à l'Assemblée nationale), c'est déjà, en nombre d'électeurs, le plus fort score obtenu par le (la) candidat(e) de la gauche depuis l'avènement de la 5ème République. Mais cela est facilité par la démographie et le taux de participation. Si nous le prenons en valeur relative, en pourcentage des voix obtenues, toujours en exceptant 1988, nous étions le 6 mai aux niveaux "habituels" du candidat de gauche (fourchette 47 - 49). Et 1981 me direz-vous ? Oui, mais on sait aujourd'hui un peu plus formellement qu'un vote anti-Giscard organisé a donné le petit coup de pouce permettant de bien passer la barre des 50 %...
Oui, mais quand même... cette large victoire de Sarkozy ? Le balayage du centrisme aux idées frontistes a joué à plein. Ce grand écart a été pratiqué très habilement il est vrai, comme l'idée de la rupture l'a été tout au long de cette campagne du candidat du gouvernement. En cela : oui, il y a victoire personnelle du président élu. Imaginons un instant que Le Pen ait été le 3ème homme le 22 avril, à 15 - 18 % des votants, et qu'il ait "conservé" son électorat en lui recommandant de ne pas aller voter le 6 mai... Cette éventualité a fait l'objet d'un moment de détente sur mon blog personnel, que voici ci-dessous :
Jean-Marie Le Pen veut récupérer ses électeurs aux législatives (REUTERS : samedi 26 mai 2007). C'est un titre de Libé, ce jour. Ah !... que ne l'a t-il pas retenu le 6 mai son électorat ?... avec pour conséquences : -1- Une présidente, de gauche (l'un des meilleurs scores de la gauche, si l'on excepte bien sûr 1988) -2- Des idées bien "fixées" et non banalisées au sein du corpus idéologique de la droite "uhèmepiste" -3- Et Iznogoud trépignant encore !...