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Continuons l'aventure refondatrice d'une gauche moderne initiée par Ségolène Royal, en route vers 2012...
Nos humeurs, nos révoltes, nos critiques à l'égard de cette droite si dure aux manettes pour encore 5 ans.
Tenter d'être à l'écoute du plus grand nombre, faire circuler une parole libérée, critique sur le monde et sur nous-même.
Ce blog souhaite s'inscrire comme un lieu d'échanges ouvert à tous. Au service de ce projet collectif, chaque rédacteur(trice) restera pleinement responsable de ses écrits, qu'il signera et dont il assurera le suivi (légère modération de rigueur…).
C'est à cet esprit d'ouverture et de cordialité que nous vous convions.

Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 08:02
Après tant d'années de pouvoir cumulées par la gauche depuis 1981, après tant de discours enflammés, après tant de sentiments généreux, après des mois d'une campagne prometteuse... c'est la droite assumée qui inaugure aujourd'hui un nouveau cycle politique.

Mai 81 est dépassé, voilà mai 2007!

Quelle est la nouvelle la plus remarquable de ce premier gouvernement Sarkozy/Fillon?
Ce n'est pas celle qui renvoie les dirigeants socialistes à leur magnifique... cohérence!
Qui peut s'étonner de la position de Kouchner, n°5 du gouvernement, ni celle de Besson? Elles confirment la réussite exemplaire de la féodalité socialiste et de sa stratégie de ressources humaines. Dans une belle unanimité alors que la droite reprenait ses fondamentaux sur le fond, la représentation socialiste (élus et dirigeants) n'a de cesse que de nourrir la vassalité indispensable à la perpétuation de cette caste dirigeante dans laquelle, par les mêmes ressorts, ils ont pris place.
Le carnet d'adresses devient essentiel, la perspective technocratique et médiatique prend le dessus. Avec le double avantage de couper court à la légitimité militante, de nourrir la notion de "personnalité". Qu'on ne théorise pas là "la fuite des cerveaux", juste une histoire de plan de carrière!

La nouvelle qui fait le plus mal à la gauche : c'est la nomination de Rachida Dati comme ministre de la Justice.
Nicolas Sarkozy, ce diable conservateur, pourfendeur des idées de 68 et de ses héritiers, met un coin dans l'arbre des progressistes autoproclamés. Elle n'est pas la femme alibi, jeune, de la "minorité visible" que l'on trimbale d'estrades en suppléances ou en candidatures de témoignage. Avec quels relents coloniaux... Le Pen aussi a du personnel africain! Elle est une femme, "née quelque part", la quarantaine, diplômée, engagée, instruite des choses de la vie et de la politique aussi, qui prend aujourd'hui place Vendôme, Garde des Sceaux, à la tête d'un ministère régalien s'il en est.

Que chacun tire la rançon de son courage et de sa gloire!
L'un, à la tête de son armée d'éléphants, compte depuis ces derniers mois les "trahisons" successives. Comme un gamin qui perd ses billes, sûr qu'à la fin de la récré il aura, sur d'autres terrains, récupéré sa mise. Il y a tellement de gens dans le besoin...
L'autre, Bonaparte d'avant l'empereur, va à marche forcée. Faisant fi des convenances et des tabous il replace Guy Môquet, le résistant communiste, au centre de la geste nationale, assoie la méritocratie républicaine si chère à la gauche au coeur de son premier gouvernement en lui donnant les couleurs de l'intégration réussie.

Bravo l'artiste! Il reste à la gauche un sacré chemin à parcourir!
Eric Dupuy
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le Blog d'Eric
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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /Mai /2007 20:00
Devrai-je dorénavant ouvrir toute chronique par le constat de mon mécontentement ? Non, bien sûr, malgré cette contrariété permanente née des résultats du scrutin du 6 mai dernier...
 
Et pourtant... Tenez : cette... euh... ouverture (ça me gratouille rien que de l'écrire) : voilà un terme récurrent depuis plusieurs jours, mais surtout depuis hier (installation de M. F. Fillon à Matignon), qui provoque chez moi libération brutale d'histamine, eczéma ou urticaire (c'est selon), acouphènes, larmoiements, éructations et borborygmes... Bref : ça ne passe pas.
 
Non pas de la part de ces fifrelins portés au sommet de l'État par le vote populaire, mais par les journalistes, commentateurs, exégètes de toutes obédiences, grand public, gogos en tous genres (nous, quoi !). Que N. Sarkozy (et son premier ministre) nous bourrent le mou avec : c'est normal. C'est leur combat, c'est leur stratégie de campagne législative, c'est la poursuite d'une remarquable action de démantèlement de la gauche, au moins de décrédibilisation avant les 10 et 17 juin prochains.
 
Mais les autres, les faiseurs d'opinion d'un côté, et de l'autre l'opinion publique qui bée devant cette grandeur d'âme présidentielle... Il y en a un qui ne s'est pas laissé prendre et a déjà donné son commentaire avec ironie : c'est notre Béarnais. Mais mon camp, lui, s'est laissé prendre. Et les règlements de comptes, déjà trop rendus publics, entre sensibilités de gauche, entre hiérarques des mêmes partis entre eux ; les procès d'intention, les petites phrases. Oui, le débauchage entrepris par Nicolas Sarkozy porte ses fruits. Non seulement des couillons de chez nous vont à la soupe, mais, nous, nous nous divisons, nous lâchons des phrases assassines, émettons des fatwas... Bref, nous sommes sur la défensive, voire en retrait de la ligne fortifiée !...
 
Ce n'est pas une OUVERTURE et vous le savez bien, mesdames et messieurs qui sur Europe 1, France Info et France Inter (les 3 que j'ai écoutés hier en voiture), sur France 3, sur iTélé et sur LCI (sur lesquelles j'ai zappé à partir de 23 heures) n'aviez (et n'avez aujourd'hui encore) que ce mot à la bouche ! En quoi refiler un sous-maroquin à Éric Besson est-il une ouverture ? En quoi débaucher un cacique, non élu mais brillant il est vrai, du PS dont on connaît les frustrations et états d'âmes depuis longtemps est-il une ouverture ? Y a-t-il eu accord de partis avant ? Y a-t-il eu établissement préalable et consensuel d'un minimum programmatique avec le PS ? Non.
Point barre.
 
Et ce que toutes et tous semblent oublier (ou veulent passer sous silence), c'est qu'on est en amorce de quinquennat, avant constitution d'une Chambre. Donc avec un gouvernement Fillon I. Imaginons un Palais Bourbon "chambre introuvable" au soir du 17 juin : foin de la pseudo-ouverture, constitution d'un Fillon II, et vogue la Sarkozie !... Avec peut-être la bonne réputation internationale du French Doctor, c'est possible...
 
Et quand j'entends une auditrice d'Europe 1 louer le courage de Bernard Kouchner et s'en prendre à François Hollande, qui a juste dit la vérité, rappelant que si tu gouvernes avec Sarkozy... tu acceptes son programme hyperlibéral et tu es... de droite, j'enrage. C'était Christine. Heureusement (façon de se rassurer...), derrière il y a eu Brigitte, militante UMP ex-RPR, qui a relevé à la fois l'incohérence de ces débauchages, et la tromperie vis à vis des électeurs de son camp.

Pour détendre : je croisais au large de Sablé-sur-Sarthe à l'heure où toutes les radios parlaient de l'arrivée du politicien local à Matignon.
Et une question : me remémorant l'équipée au Kurdistan irakien de Bernard Kouchner et de Danièle Mitterrand... je me demande ce que pense aujourd'hui cette dernière. Son beau-frère d'abord, son compagnon de dangereuse équipée ensuite...
C'est le blog de Bruno
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Bruno
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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /Mai /2007 08:57
Chers amis, chers camarades,

Je me suis permis pendant la campagne présidentielle de dire mon désaccord avec les propos journalistiques tentant de nuire à la dynamique unitaire de tous les adhérents derrière notre intérêt général de victoire.

J'étais loin de penser à un tel retour à des pratiques anciennes, dénoncées et collectivement dépassées.
Au moment où l'on attend de nous dans les actes une exemplarité dans les pratiques démocratiques, la confusion rajoute à la confusion.
Tous les jours la presse rapporte les états d'âme et les conseils de nos représentants élus de quelques sensibilités qu'il soit. Montrant au grand jour, dans le quotidien local, le peu de cas fait des instances et des militants de notre parti, les uns et les autres se répartissant, au-dessus ne nos règles de fonctionnement démocratiques le territoire et les mandats majeurs jusqu'à la 10° génération…

Si l'on voulait décourager et démobiliser les militants, les anciens, les récents, les futurs qu'on ne s'y rendrait pas autrement. Cherche-t-on à se retrouver entre soi pour une nième fois se refaire une bonne synthèse de congrès qui surtout ne change rien?
Si l'on voulait détourner, ce qui est immédiatement beaucoup plus dommageable, les électeurs venus vers nous, de nos candidats députés nous aurions trouver là la "bonne pratique".

Si nous portons collectivement la part de responsabilité dans notre insuccès présidentiel, ceux qui n'étalent au grand jour que leurs ambitions électives seront seuls comptables de cette 2ème défaite.
A croire que nos dirigeants, forts de réelles qualités et d'une militance sans équivoque, ne perçoivent pas l'amplification d'un vote de rejet déjà annoncé et le retour vers d'autres aventures des voix regagnées le 6 mai.

Ces comportements sont contre productifs surtout pour nos propres candidats. C'est par nos réactions que collectivement, militants et cadres, nous ferons taire ces polémiques.

Ensemble, vers les victoires!

Eric Dupuy,
secrétaire de section
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le Blog d'Eric
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Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /Mai /2007 09:40
Les journaux et la meute sarkozienne parlent d’ouverture, sous le prétexte que les ministres du prochain gouvernement n’appartiendront pas tous à l’UMP.
Chacun aura noté que cette pratique politicienne sert à empêcher la nation de s’emparer du vrai débat d’aujourd’hui, c’est-à-dire choisir une majorité à l’assemblée nationale. Le lendemain de cette élection verra sans aucun doute s’affirmer la politique de droite-droite promise pendant la campagne présidentielle.
Si j’étais un électeur sincère et convaincu de l’UMP, j’aurais du mal à comprendre mon chef, que l’on présente comme un personnage concret et pragmatique mais dont la pratique sème la confusion. Mais je n’ai pas cette tendance, et ma meilleure volonté ne sait pas trouver un message clair dans la démarche du nouveau président.
Une politique d’ouverture consiste à comparer des projets et à chercher ensemble, d’égal à égal, des points de convergence que l’on peut mettre en œuvre dans l’intérêt général. Ségolène Royal et François Bayrou en ont donné un exemple entre les deux tours. Rien de cela n’existe dans le débauchage de personnalités qui ont été du centre ou de gauche.
Tout cela continue à ressembler à un mauvais film. Et la seule ouverture réelle ce mercredi, c’est celle du festival de Cannes.
Christophe Perrin
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le blog de Christophe P.
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Dimanche 13 mai 2007 7 13 /05 /Mai /2007 09:54
C'est le 18 mai que les candidats députés devront avoir déposé leur demande dans les préfectures. Dans tous les camps les appétits s'aiguisent. Compagnon de tribune hier adversaire aujourd'hui partenaire demain? La valse des principes, la quadrature du cercle?

"Aucune décision" n'a encore été prise sur le nom de ce candidat, a expliqué le secrétaire national de l'UMP aux Elections, Alain Marleix, mais selon un député UMP, ce devrait être "une personnalité locale".
Cette phrase, lue dans Le Figaro, révèle toute l'équivoque du discours d'ouverture et de brassage générationnels, le Loch-Ness de la refondation politique et du renouvellement des élus.
Telle l'expression "Sois spontané!" qui installe celui à qui elle s'adresse dans l'impossibilité de réaliser la commande, la condition de "personnalité locale" nécessaire à l'entrée d'une personne "neuve" dans l'arène politique confirme la contradiction dans laquelle se placent les partis politiques.
Prenons un citoyen, "engagé ordinaire" dans sa vie d'homme ou de femme au travail dans son quartier dans sa famille, qui va un peu plus loin par des participations associatives, syndicales, politiques, à qui il vient, après de longues années d'apprentissage "militant", l'idée saugrenue d'une contribution plus intense à la vie de la cité. Il est fier de vivre dans une société développée et métissée qui a aboli les privilèges et affirmé la force de l'éducation. Une société qui déclare que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Il ne comprend pas bien le préalable de "personnalité locale" sachant que l'article 1er de la déclaration de 1789 indique aussi que "les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune".
Qu'est ce qu'une "personnalité locale"?  Est-ce le représentant d'une caste d'honorables patriciens qui auraient pour vocation de recueillir les vivats ou les huées de la plèbe? Est-ce une valeur intrinsèque, "génétique", dont certains seraient pourvus? La naissance ou l'adoubement?
Dans une société moderne, nourrie par les progrès philosophiques et scientifiques, on ne peut se laisser aller à de tels propos empreints de féodalité et créationnisme. Mais alors cette condition préalable de "personnalité locale" devient comme une injonction paradoxale, un discours qui ne peut convaincre que celui qui l'est déjà. Car tout indique que pour devenir le représentant du peuple il faut déjà l'être! "On s'autorise à penser dans les milieux autorisés…" disait Coluche!
La responsabilité est grande des organisations politiques et de leurs dirigeants actuels, dans le maintient ou le renoncement à cette grave dissonance. Au-delà de l'incohérence dans laquelle elle les place, elle inscrit ceux qui n'y peuvent répondre, comme notre citoyen "engagé ordinaire", dans une situation d'impuissance, d'abattement ou de révolte, la seule issue pour lui étant le déni de ses valeurs, de sa culture propre.
La décision de Ségolène Royal de renoncer à cumuler des mandats représentatifs laissant le terrain à une jeune femme "inconnue", ne succombant pas aux pressions des "personnalités locales" pour remettre en cause une décision acquise, serait-il le signe annonciateur de l'inscription dans le réel les deux versants de ce principe révolutionnaire fondateur?
Sauf à assumer une "fuite des cerveaux", c'est une gageure majeure à laquelle elle devra rapidement s'atteler. Son vainqueur du 6 mai, en apparence au moins, s'y est déjà engouffré.
Eric Dupuy
Par Aristide Bordes - Publié dans : Le Blog d'Eric
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